Isabelle et ses capucines

Depuis trois étés maintenant, je me rends quelquefois, après le travail, au jardin communautaire de Châteaufort avec ma collègue, Isabelle. Je la vois s’investir d’année en année dans son potager. Elle me partage parfois ses observations et ses petites victoires horticoles ainsi que le fruit de ses récoltes.

L’année dernière, j’ai eu la chance de faire quelques photos dans le jardin communautaire et de discuter avec une dame de ses plantations. J’ai notamment réalisé, à travers ses propos, que le jardin est un moyen de conserver ses racines avec son pays d’origine. Chaque plante a son histoire et chaque histoire est différente d’un jardin à l’autre. J’ai pris conscience que le jardin communautaire est un lieu d’interactions et de métissage culturel.

Le projet de réaliser une série de portrait sur les jardiniers a fini par germer dans ma tête et je la débute donc tout naturellement avec ma collègue Isabelle.

Tout a commencé alors qu’elle faisait son épicerie sur Van Horne. Pendant un certain temps, Isabelle a regardé avec beaucoup d’intérêt le jardin communautaire de Châteaufort. Ses nombreuses qualités liées notamment à sa localisation soit au-dessus d’un réservoir, proche d’un parc et sur le chemin de l’épicerie, alimentaient l’affection qu’elle a développée pour ce petit coin de terre qui, à ses yeux, prend l’allure de paradis.

Finalement, elle s’est mise sur la liste d’attente et un an après, elle obtenait une demi parcelle. L’année suivante, elle déménageait ses plantations dans un jardin complet.

Au-delà de sa passion pour le potager depuis qu’elle est enfant, ce jardin est un moyen d’exprimer sa forte conscience environnementale. Des salades aux carottes, des tomates aux cerises de terre, tout est bio dans le jardin d’Isa ! Sans oublier la culture des fleurs comestibles qui viennent agrémenter les salades estivales.

Laboratoire d’expérimentation, Isabelle y affute également sa main verte grâce aux conseils des autres jardiniers ou à ses recherches sur Internet, entre autres pour trouver le nom de certaines « mauvaises » herbes qui, en réalité, s’avèrent parfois comestibles.

Cet espace vert, c’est aussi son jardin secret qui lui permet de ne plus penser à rien, de se ressourcer au point de ne pas voir le temps passer. « Tu pars pour 30 min et finalement 1 h 30 après, tu es toujours là-bas et tu t’en rends même pas compte. » Très importants dans le cycle de vie du potager, elle aime également écouter les oiseaux chanter ou regarder les insectes butiner.

Finalement, son engouement pour le potager s’est propagé aux autres membres de la famille. Ce qui était un projet personnel est devenu familial. La plupart y consacre du temps, que cela soit pour désherber, cueillir les légumes ou arroser.

Quand on demande à Isabelle qu’elle est sa recette favorite réalisée à partir de sa production horticole, sans hésiter, elle répond: « la soupe aux feuilles de capucines! ». Mélangées à des pommes de terre et du bouillon de poulet, ce potage est, selon elle, une véritable douceur au palais. « Mais il faut toujours que les fleurs soient biologiques au départ sinon ce n’est pas une bonne idée. »

Contrairement à ses légumes qui tentent de capter toute la lumière, Isabelle ne recherche pas à être sous les feux des projecteurs. Ceci explique que vous ne verrez sur les photos que sa silhouette ou certaines parties de son corps, laissant ainsi ses chères plantations recevoir tous les honneurs de leur exubérance!

Après la lecture de ce portrait, si l’envie vous prend de vouloir cultiver à votre tour votre parcelle de terre, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de la ville de Montréal qui recense tous les jardins de la ville et à me contacter pour que je puisse partager l’histoire de votre passion horticole sur mon blogue!

This entry was posted in Uncategorized and tagged , , , , , , , , , , , , .